l y a plus de cent ans que l’Institut Saint-Joseph existe ! 110 rue Sous l'Eglise, 1e école de Chênée

Il est ainsi une des rares écoles centenaires de la province…  Mais sur le territoire de Chênée, une école primaire catholique existait déjà au XVIIème siècle.  Rue Sous l’Eglise, au n° 110, une pierre en atteste l’existence dès 1648.  Cette école, dirigée par les prêtres de la Paroisse Cette pierre atteste l'existence d'une école catholique dès 1648 Saint-Pierre, était la seule de la commune.  En 1825, elle est transférée à Vaux-sous-Chèvremont.  Et c’est en 1879 que les premiers bâtiments de la rue de l’Enseignement (rue H. Cornet, actuellement) sont ouverts aux élèves.  La paroisse confia la direction de l’Ecole aux Frères Maristes.  La première ASBL se constitue en 1922, sous le nom d’Ecole libre et catholique de Chênée.  Le président est Monsieur le Chanoine Ch. Lucas, secrétaire de l’Evêché.  Monsieur DURY fait don de sa maison aux Frères. 

Ancienne école des frèresEn 1944, Chênée est bombardé.  Deux V1 tombent sur la commune, dont l’un détruit l’école.  La Province de Liège accordera à l’ASBL des dommages de guerre qui permettront de construire deux pavillons abritant six locaux pour que l’école puisse à nouveau accueillir ses élèves.  Il s’agit alors de réunir les fonds nécessaires à la reconstruction des bâtiments.  Monsieur le Doyen JOBE sera le véritable moteur de cette entreprise.  En 1953, les nouveaux locaux sont achevés. 

A partir de 1953, les pavillons accueilleront les réunions du Patronage et de la troupe scoute de Chênée.

Jacques HenrotayEn 1959, un nouveau et tout jeune vicaire arrive : l’Abbé Jacques HENROTAY.  Très dynamique, il devient immédiatement l’animateur principal du Patro.  C’est donc en qualité de responsable de ce mouvement de jeunesse qu’il commença à fouler l’asphalte de la cour de récréation de l’école.  C’est pour le Patro aussi qu’il y planta, aidé du Frère JEAN, les paniers fixes de basket-ball, sous lesquels allait bientôt s’acharner la première équipe du Cercle Sportif Saint-Joseph. 

L’enseignement secondaire liégeois, à cette époque, connaît quelques problèmes de surpopulation.  Les Collèges et Athénées de la ville s’adaptent difficilement au nombre croissant d’élèves.  La Ville de Liège s’était intéressée à la question et avait – déjà ! – proposé un plan de restructuration, prévoyant l’implantation de nouveaux établissements en périphérie.  L’évêché s’aligne sur cette vaste entreprise en développant considérablement le Collège Notre-Dame et Saint-Lambert à Herstal, en implantant l’Institut Technique Saint-Laurent à Nessonvaux – il déménagera par la suite à Fléron – et en décidant de créer à Chênée, un enseignement secondaire pour garçons.  Nous sommes alors au début de l’année 1961.  Monsieur le Doyen JOBE soutient ce projet…  Il Jacques Henrotayfaut des locaux !  Ceux du Patro et des scouts feront bien l’affaire…  (Ce sont les pavillons construits après la guerre).  Oui, mais il faudrait aussi un directeur !  L’Evêché propose ce poste difficile à plusieurs professeurs.  Tous refusent de lâcher la proie pour l’ombre et qui le leur reprocherait ?  Imaginez une minute ce qu’était le Collège : six classes sans confort – et sans mobilier, d’ailleurs – à l’ombre de l’imposant et florissant athénée, pas d’élèves et pas de professeurs ! 

Et voilà qu’une nouvelle tombe, qui attriste toute la Paroisse : les Frères Maristes quittent Chênée !  Les vocations se faisaient rares depuis d’assez nombreuses années, les Communautés, réduites, devaient se regrouper…  La maison des Frères est libre…  Le futur Collège compte donc six classes et une maison… vides !

Monsieur PETIT, instituteur depuis 30 ans, accepte de reprendre la direction de l’école primaire.  Mais pour le secondaire, on aurait besoin de quelqu’un de jeune, enthousiaste, dévoué… et bricoleur !

Et pourquoi pas ce jeune vicaire, qui s’entend si bien avec les jeunes, et qui réunit toutes les qualités nécessaires pour cette fonction…  Voilà exactement l’homme de la situation ! 

En juin 1961, Monsieur l’Abbé Jacques HENROTAY est nommé officiellement, à l’Evêché, Directeur de l’Institut Saint-Joseph de Chênée… avec, comme première mission, de dénicher des élèves et des professeurs pour fonctionner dès septembre !  Le recrutement des élèves commence dans les sixièmes primaires de l’école même.

L’Abbé HENROTAY fait ensuite le tour des Paroisses environnantes pour signaler qu’une classe de sixième moderne va être ouverte à Chênée.  L’équipe de professeurs est constituée :Monsieur Freddy BONMARIAGE assurera les cours de français et d’histoire, Monsieur Jacques BAILLY, ceux de géographie.  Les mathématiques et le dessin seront enseignés par Monsieur Valère RAUSIN.  Pour le néerlandais, Monsieur HAU, un pensionné, avait accepté d’en prendre la charge.  Et le Directeur s’occupera des autres branches : la religion et les sciences. 

1er septembre 1961 : 24 élèves et 5 professeurs.

30 septembre : 24 élèves et 4 professeurs !

Monsieur BAILLY quitte l’Institut Saint-Joseph pour un autre établissement.

La première équipe. De gauche à droite:C.Frederick, P.Pirotte, J.Henrotay, F.Bonmariage.Février 1962 : 24 élèves et 3 professeurs.  Monsieur HAU renonce…  L’Abbé HENROTAY fait preuve d’une polyvalence peu commune :  le néerlandais, la géographie, la religion, les sciences occuperont ses journées jusqu’en juin !  En septembre 1962, Monsieur Paul PIROTTE prend la succession de Monsieur RAUSIN.  C’est aujourd’hui le doyen du corps professoral de Saint-Joseph.  En 1963, Messieurs Valère JORSSEN et Claude FREDERICK viennent se joindre à cette équipe de pionniers.  L’Institut compte alors trois classes, 48 élèves. 

L’autorisation d’ouvrir une sixième latine l’année suivante est obtenue.  Il faudrait songer à s’agrandir et à se moderniser.  Tous les professeurs sont jeunes et résistants, les élèves plus encore, mais quand les poêles à charbon refusent de fonctionner, il gèle dans les pavillons !  Du terrain, il y en a…  Hélas !  il appartient à la Congrégation des Filles de la Croix, qui ne semble pas décidée à s’en séparer.  L’Abbé HENROTAY et le Doyen JOBE – Dieu le leur pardonne ! – font alors courir le bruit que l’Athénée veut s’agrandir…  Le terrain en prolongement de la cour de récréation (voir plan) risque bien d’être exproprié à cette fin !  La réaction ne tarde pas : l’affaire est vite conclue et l’Institut Saint-Joseph est propriétaire, en 1963 d’une prairie et d’un potager !