onsieur l’Abbé HENROTAY est parti…  A la fin du mois de septembre, une soirée d’adieu fut organisée, à la fois riante et mélancolique.  Tous les professeurs, les élèves, beaucoup d’anciens, des parents et des sympathisants étaient venus souhaiter bonne chance à l’Abbé HENROTAY dans ses nouvelles fonctions à l’Institut Sainte-Claire à Verviers.  Monsieur LEMPEREUR lui remit des cadeaux qui pourraient étonner tout qui ne connaît pas notre ancien Directeur : une bibliothèque et… une tronçonneuse ! Michel Crompvoets L’Abbé HENROTAY remercia en termes simples et chaleureux, rappelant les souvenirs et les Luc Baiwir anecdotes qui émaillèrent la vie de chacun au collège…  Il termina par un souhait de prospérité, émis du fond du cœur, pour son œuvre commencée quelques quinze ans auparavant.  Deux humoristes connus du collège entier, lui succédèrent : Luc BAIWIR et Michel CROMPVOETS, qui réjouirent l’assemblée en déployant leurs talents d’imitateurs.  Beaucoup de professeurs y passèrent et purent, grâce à cette « exécution » reconnaître leurs tics et manies…

Monsieur pRotte (formule restée célèbre) veillant à la bonne ordonnance de sa coiffure, Monsieur FREDERICK et ses soucis vestimentaires, Monsieur Mr.Joseph Lempereur FRISSCHEN et ses colères légendaires (mais justifiées évidemment !), Monsieur RAPAILLE (directeur de l'école primaire)  toujours partagé entre l’autorité directoriale et la tendresse paternelle…  La soirée se termina en congratulations et évocations de mille et une péripéties du bon vieux temps.  Une page se tourne dans l’histoire du collège…  Bonne chance à Monsieur LEMPEREUR !  On dit que les nom et prénom d’un homme peuvent influencer sa vie…  Joseph LEMPEREUR, directeur de Saint-Joseph :  presque un pléonasme ! 

Un changement plus important encore car il touche aux élèves et à toute la méthode pédagogique, s’opère à cette rentrée 1976.  En effet, suite à l’Arrêté Royal et à la Loi du 31 juillet 1975, l’enseignement doit être rénové.  Cette rénovation sera faite en deux étapes : la première en 76, la seconde, aboutissant à la forme actuelle du « rénové », en 79.  Toutefois, les transformations de méthodologie et de docimologie sont déjà très importantes dès cette année-là.  Les grandes idées sont que l’enseignement doit être centré sur l’élève et se démocratiser.  Mais en pratique ?  Un « enseignement centré sur l’élève » signifie que les professeurs ne peuvent plus se borner à faire enregistrer par leurs élèves un maximum de matière mais doivent essayer de connaître ceux-ci, de découvrir leurs aptitudes intellectuelles, créatives, manuelles pour les développer et les orienter valablement dans le choix d’une option d’étude.  Cela suppose un effort d’observation et de communication de la part des professeurs qui devront abandonner les cours magistraux et les anciennes méthodes d’évaluation.

Dorénavant, la cote sur dix du bulletin représente non le résultat d’une interrogation mais bien une estimation, par le professeur, des acquis de l’élève à telle période de l’année.  Le travail journalier, la participation aux cours, les résultats à tout contrôle prennent le pas sur les traditionnels et décisifs examens.  L’orientation des élèves d’une classe est discutée en « conseil de classe » par tous les professeurs de ces élèves et le Directeur.  Elle est ensuite proposée aux élèves et à leurs parents. 

C’est en 1976 également que la numérotation des classes se rationalisera !  Les élèves commenceront leurs humanités en première et les termineront en sixième.  Il faudra bien du temps pour que chacun s’habitue à ce changement d’une logique pourtant évidente !  Cette année-là, les élèves sortant de quatrième durent éprouver l’impression de faire du sur-place ! 

Une des activités para-scolaires proposées au collège, suscite un très grand intérêt chez les élèves : les cours de programmation.  Ils existent depuis un an et sont donnés par Monsieur PREUD’HOMME, chimiste de formation, informaticien de cœur !  Jusqu’en 1981, les élèves travailleront sur HP65.  C’est une calculatrice programmable qui fut notamment utilisée par les astronautes d’Apollo pour effectuer leurs calculs pour revenir sur la terre…  Plusieurs rhétoriciens présent en juin 77, leur examen de maturité en physique-programmation. 

Jacques Henrotay et Kark BastinLes années 77 et 78 furent, d’un point de vue pédagogique, des années de transition et de préparation au grand changement…  La vie scolaire suivait son cours, sous l’œil vigilant de Monsieur BASTIN qui avait accepté, dès 1975, d’assumer le rôle difficile de préfet de discipline.  Le sport fut à l’honneur au collège, les voyages (aux Pays-Bas, en Angleterre) également. 

En septembre 1979, l’enseignement libre liégeois passe en bloc au rénové.  Cette simultanéité dans l’adoption du nouveau régime ne résulte certes pas d’une coïncidence mais bien d’un accord conclu entre écoles, soucieuses d’éviter une concurrence préjudiciable aux institutions d’enseignement livre.  Le changement est énorme… et l’organisation des horaires ressemble fort à un casse-tête insoluble, sauf pour les professeurs de mathématique qui acceptent de s’en charger.  Des habitudes ancestrales ne se perdent pas du jour au lendemain.  Tous, élèves, parents, professeurs, nous aurons souvent bien du mal à nous y retrouver dans les nouvelles structures de l’enseignement rénové.  Nous allons tâcher de les résumer ici en priant le lecteur d’excuser le ton didactique de ce qui suit ! 

Alors que l’enseignement « traditionnel » comprend deux cycles de trois ans, l’enseignement de type I ou rénové se divise en trois degrés de deux ans, ayant chacun une fonction pédagogique spécifique : 

·       Le degré d’observation 

Après leurs primaires, quelle que soit l’orientation ultérieure qu’ils choisiront, tous les élèves suivent les cours de la 1ère année commune.

Le programme comprend, outre tous les cours généraux habituels, des activités d’essai (latin – technologie – éducation artistique) qui permettent aux professeurs de déceler les éventuelles dispositions des élèves pour différents types de formation.

Il comporte aussi des activités complémentaires laissées au choix de chaque élève dont le but est de révéler des aptitudes et des intérêts particuliers.

Dès la 2ème année, à côté des cours généraux qui continuent à former l’essentiel du programme, les élèves doivent choisir une option de base latine, scientifique, socio-économique, technique ou artistique. 

·       Le degré d’orientation 

A partir du 2ème degré apparaissent les 3 grandes filières ou sections de l’enseignement rénové : 

a)    l’enseignement de transition :  de type général, technique ou artistique, qui prépare l’accès au 3ème degré et à l’enseignement supérieur, tout en permettant l’entrée dans la vie active. 

b)    L’enseignement de qualification : de type technique ou artistique aui prépare plus directement à l’entrée dans la vie active tout en permettant la poursuite d’études supérieures. 

c)    L’enseignement professionnel : qui prépare directement à la vie professionnelle en répondant aux besoins d’élèves qui ne sont par motivés pour poursuivre des études à fort contenu théorique.