En juin 2010, à leur examen de français, les élèves avaient à traiter la question suivante : Facebook et les jeunes, des relations dangereuses ? Leur réflexion devait prendre la forme d'une lettre ouverte adressée à des parents que le phénomène Facebook inquiétait. Voici, en exclusivité pour le journal Ensemble, le texte écrit par Marine Lecloux, ex-élève de 4A.
Facebook et les jeunes, les liaisons dangereuses ?
Un monde sans encombres, barrières ou frontières, un monde d'amis, où l'on peut aimer et devenir fan à tout-va... Un monde parfait ? Rajoutez un « clic », un ado assis devant son ordinateur depuis ce matin déjà, alors que nous sommes bientôt le soir, et voilà qui ternit un peu l'image de ce monde utopique ! Un monde virtuel, alors ? Oui, mais ce monde virtuel est-il nécessairement un monde « parfait » ?
Existe-t-il un seul ado, et je ne parle pas uniquement de notre époque, qui puisse répondre fièrement qu'il n'a jamais été influencé par un phénomène de mode ? Oui, je pense que Facebook est avant tout un phénomène de mode. Inoffensif bien sûr ! Regarder des photos, rire de la dernière gueule de bois de son meilleur ami, rien de bien méchant, n'est-ce pas ?
Pourtant, beaucoup de parents se posent des questions devant leur ado facebookien, les yeux barrés de deux grosses cernes, l'air hagard, complètement affalé dans le divan qu'il occupe depuis déjà quatre heures, et dont la seule activité est de faire pivoter la souris de deux centimètres toutes les minutes et de rire d'un air benêt avant de cliquer sur « J'aime » pour que cette phrase tellement drôle se retrouve sur son mur... Mais ne confondez pas « passe-temps » avec « cyberdépendance ». Si vraiment votre ado se comporte de la sorte, envoyez-le voir un psy ou inscrivez-le dans un camp pour les deux mois de vacances !
Avant tout, Facebook est un avant-gout de liberté pour les jeunes. Dans ce monde, ils peuvent dire tout ce qui leur passe par la tête de façon franche et claire sans devoir faire de belles tournures de phrases de peur de se recevoir une grande main du père dans la figure.
Il est vrai que, mal utilisé, Facebook pourrait se révéler dangereux. Cette liberté est une lame à double tranchant ! Accepter d'être « l'ami » de quelqu'un dont le nom vous est totalement étranger revient à prendre le risque de rencontrer un adulte qui, lui, voudrait bien plus que cette « amitié » virtuelle. Mais la plupart des jeunes restent prudents et n'acceptent pas n'importe qui.
En outre, ce monde virtuel est un moyen de rester en contact avec de la famille éloignée : un cousin en Floride, des grands-parents dans le sud de la France... On serait bien triste sans nouvelles d'eux ! Bien sûr, il y a le téléphone,mais je vous laisse estimer le prix de la minute d'un appel à Miami ! Et puis Facebook nous donne des nouvelles en temps réel, les sautes d'humeur que l'on ne raconte pas par téléphone, par exemple.
Enfin, à notre époque, nous partons souvent en vacances. Et la majeure partie des gens ne se contentent plus d'une simple randonnée dans les bois en France. Nous avons besoin de voir plus, et plus grand ! Une résidence de vacances, quelque part sur le globe. Là-bas, l'ado va se lier d'amitié avec beaucoup d'autres jeunes, et les adieux, s'ils devaient durer toujours, feraient si mal ! Alors que, grâce à Facebook, nous restons en contact quoi qu'il arrive!
Facebook, de nos jours, fait donc beaucoup parler de lui ! Surtout chez vous, parents, qui aimez tant critiquer un ado devant son ordinateur ! Auriez-vous peur ? Je vous entends déjà me répondre entre deux rires « Mais peur de quoi donc ? Que tu grandisses et que tu saches enfin te servir d'un ordinateur ? » Mais justement, peut-être avez-vous peur que votre protégé ne grandisse trop vite ? Peur de ne plus pouvoir les contrôler ? Peur de cette liberté à laquelle vous aussi, vous avez gouté, il y a de ça quelques années...
Marine Lecloux
